Réglementation

Qui doit être habilité ? Les cas où l'habilitation électrique est obligatoire

Septembre 2026 7 min de lecture NB Formation

« Mes salariés ne sont pas électriciens, ils n'ont donc pas besoin d'habilitation. » C'est l'idée reçue la plus répandue, et elle est fausse. L'habilitation électrique ne dépend pas du métier, mais de ce que le salarié fait et de l'endroit où il le fait. Voici les règles, telles que les posent le Code du travail, la norme NF C 18-510 et l'INRS.

Les trois cas où l'habilitation est requise

L'habilitation électrique, au sens de l'article R. 4544-9 du Code du travail, est requise :

  • pour les opérations sur les installations électriques ;
  • pour les opérations d'ordre électrique (interventions, travaux, mesures, essais, manœuvres) ou d'ordre non électrique (nettoyage, peinture, maçonnerie) réalisées au voisinage d'installations électriques ;
  • pour accéder sans surveillance aux locaux à risques particuliers de choc électrique.

Ni la norme ni la réglementation ne fixent de niveau de risque minimum en dessous duquel on pourrait s'en passer. La très basse tension est assimilée à la basse tension : on peut devoir être habilité pour y travailler.

Ce que l'on peut faire sans habilitation

Quand l'opérateur n'est pas exposé au risque de choc électrique, l'INRS admet que certaines opérations simples soient réalisées par une personne avertie, c'est-à-dire formée mais non habilitée :

  • le remplacement de lampes en basse tension ;
  • le réarmement d'un dispositif de protection ;
  • le remplacement à l'identique de fusibles basse tension.

Deux conditions : le matériel doit être en bon état et protégé contre les contacts directs, et l'opération ne doit pas avoir lieu dans un local à risques particuliers de choc électrique. Dès qu'une de ces conditions manque, il faut un salarié habilité. Nous détaillons ce point dans l'article Personne avertie ou personne habilitée.

De même, brancher et utiliser normalement un appareil électrique ne demande pas d'habilitation. L'employeur doit simplement fournir du matériel conforme et en bon état.

Les situations qui posent question

Travailler hors tension

Pour une opération d'ordre électrique, il faut être habilité même si l'on travaille hors tension. Pour une opération d'ordre non électrique réalisée hors tension et hors voisinage, l'habilitation n'est pas requise. La norme recommande toutefois d'habiliter le chargé de chantier, pour qu'il puisse veiller à la sécurité de son équipe.

Une installation neuve

Une installation qui n'a jamais été mise sous tension ne demande pas d'habilitation, sauf voisinage avec d'autres installations sous tension. Dès la première mise sous tension, l'habilitation devient nécessaire.

Un local informatique

Un local serveur dont les équipements sont protégés contre les contacts directs n'est pas un local à risques particuliers de choc électrique, même si l'employeur en réserve l'accès. Y entrer ne demande pas d'habilitation. Si le local est classé à risques, il en faut une.

Un chariot élévateur électrique

Conduire le chariot relève de l'utilisation normale. La question se pose pour la mise en charge : si les connectiques sont protégées contre les contacts directs, le salarié doit être formé mais pas habilité. Sinon, une habilitation propre aux véhicules et engins est à prévoir, selon la norme NF C 18-550.

Non-électriciens : deux habilitations à ne pas confondre

Un non-électricien peut être habilité de deux manières très différentes. Le B0 (et le H0 ou H0V en haute tension) lui permet de travailler à proximité des installations sans y toucher : peinture, nettoyage, maçonnerie. Le BS lui permet de réaliser des interventions élémentaires hors tension : remplacer une lampe, une prise, un fusible, raccorder un équipement à un circuit en attente.

Pour toutes les autres opérations d'ordre électrique, le salarié doit être qualifié en électricité, par un diplôme, une formation technique ou l'expérience. La formation à l'habilitation n'apprend pas le métier d'électricien : elle porte uniquement sur la prévention du risque électrique.

Qui habilite qui ?

  • Les salariés sont habilités par leur employeur.
  • Les intérimaires sont habilités par l'entreprise utilisatrice, pour la durée de la mission.
  • Les salariés d'un sous-traitant sont habilités par leur propre employeur.
  • Les stagiaires et les jeunes embauchés sont habilités comme les autres salariés, avec des restrictions pour les moins de 18 ans.
  • Les travailleurs indépendants et les employeurs ne peuvent pas s'habiliter eux-mêmes. Sur un chantier de bâtiment, ils doivent avoir un niveau de connaissance des risques équivalent à celui d'un salarié habilité.

Questions fréquentes

L'habilitation électrique est-elle obligatoire pour un non-électricien ?

Oui, dès qu'il réalise une opération au voisinage d'installations sous tension, qu'il accède sans surveillance à un local à risques particuliers de choc électrique, ou qu'il réalise une opération d'ordre électrique comme un remplacement de prise. Selon le cas, l'habilitation adaptée est le B0, le H0V ou le BS.

Faut-il être habilité pour travailler hors tension ?

Pour une opération d'ordre électrique, oui, même hors tension. Pour une opération d'ordre non électrique réalisée hors tension et hors voisinage, non.

Un auto-entrepreneur peut-il s'habiliter lui-même ?

Non. Les travailleurs indépendants et les employeurs ne peuvent pas s'auto-habiliter. Il leur est conseillé de suivre la formation et de conserver l'attestation avec le résultat des évaluations.

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Pour aller plus loin : Quelle habilitation pour quel métier · Les obligations de l'employeur · Quiz habilitation

Sources : Code du travail, articles R. 4544-9 à R. 4544-11 ; norme NF C 18-510 ; foire aux questions de l'INRS sur l'habilitation électrique, consultée en septembre 2026 ; brochure INRS ED 6127.